Élise

Il me revient souvent ce jour où solitaire

Je cherchais aux feuillets jaunis d’un livre ancien

L’aliment de mes rêves et des joies éphémères

Qui troublent les garçons quand le désir leur vient

 

J’avais imprudemment laissé la porte ouverte

Élise était soudain apparue devant moi

J’essayai de mes mains croisées en pure perte

De cacher à ses yeux l’ampleur de mon émoi

 

Elle avança vers moi et sans une parole

Défit près de son col un unique bouton

Et laissa vers le sol glisser blanche corolle

À l’entour de son corps, sa robe de coton

 

Sacrifiant à genoux, émouvante vestale

Au rite où je jouais la victime et le dieu

Elle me fit approcher, à l’instant zénithal

Les flammes de l’enfer et la porte des cieux

 

Et puis levant sur moi ses yeux d’un bleu limpide

Élise en s’étirant comme un chat rassasié

D’une pointe de langue acérée et candide

Essuya sur sa lèvre une goutte de lait

 

Musique : Bernard Zakarian, Alexandro Alcocer, Jean-François Aliaga.

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