The light fandango

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1967. Après avoir parcouru 2500 km en 403 depuis l’Algérie, nous dressons la tente près de l’étang de la Bonde. Mes parents ont arrangé une rencontre avec F., mon ami d’enfance de Calvi. Mais deux ans ont passé, l’ami a commencé à basculer du côté de l’adolescence, et nous ne trouvons plus grand chose à nous dire. Nos souvenirs communs, cabanes, carrioles, équipées à vélo, lui paraissent naïfs et fades. A quatorze ans, l’enfant que nous portons nous fait honte.

L’invitation sera rendue malgré tout, chez ses parents. Son père est officier, c’est un autre monde. Je boirai en tâchant de ne pas trop grimacer de la chicorée dans une tasse en porcelaine précieuse.

A l’aide d’un clou, ce même été, je grave mes initiales sur une des dalles du mur qui contient l’étang.  Lorsque je suis venu vivre tout près de cet endroit avec B., en 1990, je me suis mis en quête de cette trace dérisoire de mon passage et après un heure de recherche, le nez au sol, je l’ai retrouvée, presque effacée par l’érosion et les lichens. Cette année-là, le juke-box du camping diffusait cent fois par jour A Whiter Shade of Pale de Procol Harum.

 

We skipped the light fandango
And turned cartwheels across the floor
I was feeling kind of seasick
The crowd called out for more…

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