L’ami retrouvé, de Fred Uhlman, traduit par Léo Lack, Folio Quand je le quittai enfin, je courus sur tout le chemin du retour. Je riais, je parlais tout seul, j’avais envie de crier, de chanter, et je trouvai très difficile de ne pas dire à mes parents combien j’étais heureux, que toute ma vie avait … Lire la suite Fred Uhlman, L’ami retrouvé
Contact
Grasse, 1958
Peu de souvenirs de ce lieu, mais les objets que nous emporterons bientôt dans notre traversée vers la Corse nous accompagneront longtemps, modestes compagnons qui prendront leur place dans chacune des demeures où nous nous arrêterons, quelques années ou quelques mois, et puis nous quitteront un à un, remplacés par de plus neufs, de … Lire la suite Grasse, 1958
Chez le père supérieur
A peine une image, peut-être au trois quart fabriquée. Je me tiens dans le bureau du Père Supérieur du collège. Nous sommes en 1966, à Sidi-Bel-Abbès. Le père siège derrière son bureau, solennel, austère, comme sa soutane boutonnée jusqu'au menton. Il est peu probable que je sois assis, moi debout, donc, ne sachant que faire … Lire la suite Chez le père supérieur
Février 1954
Finalement, parmi les images de la boîte en fer, mes préférées sont les plus mystérieuses. Je ne peux mettre aucun nom sur ces visages, à part celui du beau militaire qui sera mon père six mois plus tard. Les enfants sont bien mal fagotés, peut-être aujourd'hui les croirait-on pauvres, ce qui les étonnerait beaucoup, mais … Lire la suite Février 1954
Méphisto
Entrer dans une ville, la nuit, par la mer. Voir la circulation s'arrêter, faire que se lèvent les ponts mobiles, glisser en silence dans le chenal. C'est comme avoir trouvé la clé de la quatrième dimension. Il me semble que le seul pouvoir qui vaille, c'est celui de se libérer des contingences avec lesquelles le … Lire la suite Méphisto
Élie Moulin
Où ai-je lu qu'un individu, après son décès, continuait à exister pendant un siècle environ, dans le souvenir de ses descendants, avant de disparaître dans l'oubli complet ? Je parle ici bien sûr des gens du commun, de ceux qui n'ont inscrit leur nom sur aucune œuvre immortelle, qui n'ont commis aucun crime digne d'être … Lire la suite Élie Moulin
Les maîtres sont absents
Peut-être est-ce ici qu'il faut commencer, devant la noble demeure aux persiennes closes, au mois de mai de l'année 1946. Le temps est assez doux pour autoriser la robe légère, les bras nus. La jeune fille a mis un ruban dans ses cheveux, en l'honneur du photographe, ou bien parce que c'est ainsi qu'on se … Lire la suite Les maîtres sont absents
Yasushi Inoué, Le fusil de chasse
Trois lettres Le fusil de chasse, de Yasushi Inoué, traduit par Sadamichi Yoköo, Le livre de Poche Dès que ma pensée se porte vers vous et Mère, tout ce qui m'entoure devient autre. Le saviez-vous ? En plus des trente couleurs au moins que contient une boîte de peinture, il en existe une, qui est … Lire la suite Yasushi Inoué, Le fusil de chasse
Traversées
Enfant, je me tenais à l’entrée des grandes vacances comme au bord d’un océan à traverser. Le temps était si long, l’autre rive si lointaine. Deux mois, ce n’étaient pas huit pauvres semaines, mais une part incommensurable d’éternité, au-delà de laquelle la vie serait autre. Nous vivions au bord de la mer. La plage, le … Lire la suite Traversées
Jeannette Haien, La pêche au saumon
La pêche au saumon, de Jeannette Haien, traduction de Cyril Veken, Éditions Joëlle Losfeld, 158 p. Au cours de l'après-midi, alors qu'il était en train de lancer depuis la partie aval du parcours, il vit en se retournant les ravages produits par ses efforts de la journée : la berge n'était plus que bruyère écrasée et … Lire la suite Jeannette Haien, La pêche au saumon




